Daniel Gagnon M.A. orthopédagogueMEILLEURS VÅ’UX !
“Suggestion de cadeau !”
Chers clients et amis,
À l’occasion de ce Temps des Fêtes, je me permets de vous faire une suggestion de cadeau pour ceux d’entre vous qui sont à la recherche de quelque chose d’utile et ayant du sens. Bien entendu, il s’agit d’un livre.
La force de l’optimisme de Martin Seligman est un livre extraordinaire écrit par un psychologue de renom qui base ses affirmations sur la recherche.
Saviez-vous que les gens optimistes vivent neuf ans de plus que les gens pessimistes. Neuf ans, c’est énorme : les non-fumeurs ont une espérance de vie supérieure de sept ans par rapport aux gros fumeurs ! L’optimisme est aussi efficace que la médication pour guérir la dépression et on ne connaît pas de meilleur moyen pour la prévenir. De plus, l’optimisme favorise la confiance en soi et le succès, sans parler du bonheur.
La beauté de tout cela, c’est que l’optimisme est très facile à développer. Il s’agit simplement d’apprendre à réfuter son discours intérieur pessimiste face aux contrecoups de la vie.
Il y a trois types de discours intérieurs pessimistes. Par exemple, face à un échec amoureux, le pessimiste dira :
Personne ne m’aime : c’est la généralisation.
On ne m’aimera jamais : c’est la persistance.
Je ne suis pas aimable : c’est la personnification.
À l’inverse face à un succès, le pessimiste se dira :
C’est la chance : l’exception.
Cela ne durera pas : passager.
Ce n’est pas grâce à moi : extérieur.
L’optimiste fait l’inverse. L’échec est dû à la malchance, est passager et n’est pas de sa faute. Le succès affecte tous les domaines, est irrévocable et il en est responsable.
Les gens déprimés sont plus lucides que les optimistes naturels. Par contre, ceux qui apprennent l’optimisme restent lucides tout en cessant d’être déprimés. Alors si vous êtes pessimiste et fier de l’être, vous n’avez rien à perdre à changer.
Bref, vous n’accepteriez pas de travailler longtemps pour un patron qui vous dirait constamment que vous êtes un incapable (personnification), qui ne fait jamais rien de bon (persistance) dans tout ce qu’il touche (généralisation), vous finiriez par lui remettre votre démission en réfutant ses propos et en lui rappelant vos bons coups, vos forces et vos qualités, vos titres diplômes et accomplissements. On est généralement très bon pour réfuter les affirmations des autres. C’est ce qu’il faut faire avec votre petite voix intérieure. Avertissez là formellement que désormais, elle n’est plus autorisée à vous dénigrer et à vous décourager. Faites-en même votre résolution pour l’année 2009.
Dans un autre livre*, Martin Seligman nous enseigne comment être heureux. Malheureusement, le livre n’est plus disponible en français, mais vous pouvez le trouver à votre bibliothèque.
Les gens heureux sont ceux qui connaissent bien leurs forces et s’en servent quotidiennement dans leur vie et leur travail.
Dans ce livre, il explique que les plaisirs ne nous rendent pas heureux, car on s’habitue au plaisir. Regarder la télévision est un plaisir, mais les chercheurs ont remarqué que les gens qui regardaient la télé étaient plutôt déprimés. Au contraire, la lecture, parce qu’elle demande un certain effort et constitue une forme d’accomplissement, procure du bonheur. (Bon, je ne peux m’empêcher de faire un lien : Oui, offrir un cours de lecture rapide en cadeau, c’est offrir du bonheur! Toutefois, ce n’est pas mon intention première. Excusez là !)
Une façon d’éviter l’accoutumance hédonique, c’est de montrer régulièrement de la gratitude pour ce que l’on a. Les envieux sont malheureux et toujours insatisfaits. Se réjouir de nos actifs, quels qu’ils soient, de ce que l’on est, de qui l’on fréquente et avec qui l’on vit, nous permet de redécouvrir notre monde et de nous rappeler les joies qu’ils nous ont procurées.
Au même titre, exprimer régulièrement de la reconnaissance aux autres apporte du bonheur à tous. Seligman recommande de faire l’exercice suivant, et vous devriez le faire dès aujourd’hui : appelez quelqu’un pour qui vous avez beaucoup de reconnaissance, donnez-lui rendez-vous et lisez-lui de vive voix - vous-même, en personne - une lettre de gratitude que vous aurez pris soin d’écrire au préalable. Vous en pleurerez de joie. Les recherches démontrent qu’un tel acte vous rendra, vous et cette personne, heureux pour un bon mois.
Permettez-moi donc de vous exprimer toute ma gratitude. Je gagne ma vie très facilement et très bien en faisant ce que j’aime : lire, parler des livres que je lis, partager ma passion pour la lecture. Et ça, grâce à vous qui m’avez encouragé et fait confiance en suivant mon séminaire de lecture rapide. Votre curiosité, vos commentaires allumés, nos échanges enrichissants et stimulants participent au bonheur que j’ai de vivre cette époque extraordinaire sur cette si jolie petite planète bleue. Je vous en suis reconnaissant et je vous dis : MERCI !
De très Joyeuses Fêtes à vous tous et aux vôtres,
Daniel Gagnon
*Seligman, Martin
Le bonheur authentique : s'épanouir pour la vie en réalisant son potentiel grâce à la nouvelle psychologie positive
Le tachistoscope ou les exerciseurs mécaniques à la lecture rapide (suite)
La valeur d’un entraînement à la lecture rapide avec un « drill software »
De nombreux cours de lecture rapide utilisant le tachistoscope ont été créés dans les années 40 et 50. Les participants parvenaient à atteindre des vitesses de lecture de 400 mots à la minute en moyenne grâce à ces machines. Toutefois, ils n’obtenaient ces résultats que sur la machine. Dès qu’ils cessaient de lire sans l’assistance d’un tachistoscope, leur vitesse régressait rapidement pour revenir à leur résultat initial.
Dans les années 90, je me suis beaucoup entraîné avec un tachistoscope, des heures et des heures. C’était avec un logiciel du type drill appelé Speed Reader II qui était contenu sur une disquette 5.25. Vous souvenez de ces disquettes flexibles, très minces qui laissaient voir une bande magnétique. À la fin, j’étais devenu très performant. La machine projetait quatre mots en anglais dont je ne connaissais pas toujours le sens. Les quatre mots prenaient toute la largeur de l’écran. Si j’arrivais à retaper les quatre mots, sans faire de faute, le logiciel en projetait quatre nouveaux mais un peu plus vite. Si je faisais une erreur, la vitesse régressait. Il y avait 15 niveaux de vitesses. À la fin, je pouvais me maintenir au 15e niveau jusqu’à une quinzaine de minutes. La machine ne donnait pas la vitesse, mais j’ai calculé que c’était autour de 5000 à 10 000 mots à la minute. Toutefois, j’étais loin de maintenir cette vitesse lorsque je lisais normalement dans un livre. Si tout de suite après un entraînement, j’arrivais à lire à près de 400 mots/minute, assez rapidement ma vitesse de lecture revenait à ce qu'elle était avant.
Je ne recommande pas l’utilisation de ce type de « drill software » pour développer ses habiletés de lecture. En fait, je ne recommande aucun des cours basés sur les mécanismes de l’œil. Je suis de l’école de la psychologie cognitive. Je crois que la lecture relève des processus cognitifs et c’est sur quoi mon cours est basé. Mais si vous voulez vous amuser à en essayer un, vous en trouverez plusieurs sur Internet. Acereader offre une version gratuite et limitée de son logiciel de lecture rapide qui se trouve à être une version moderne du tachistoscope.
Le tachistoscope ou les exerciseurs mécaniques à la lecture rapide
Qu’est-ce qu’un tachistoscope ?
Un tachistoscope est un dispositif qui montre une image (habituellement par projection) pour un temps déterminé généralement très court. Il peut être utilisé pour augmenter la vitesse d'identification, montrer quelque chose trop rapidement pour être reconnu consciemment, ou évaluer la mémorisation d'une image.
Le premier tachistoscope a été à l'origine décrit par le physiologiste allemand A.W. Volkmann en 1859, mais il a surtout connu son heure de gloire à l’occasion de la Deuxième Guerre mondiale où il a été utilisé pour la formation des pilotes de chasse à la reconnaissance rapide des silhouettes d'avion. Car, comme vous le savez sans doute, en situation de combat il est capital de différencier les avions amis des avions ennemis. Les pilotes ont assez rapidement stupéfait leurs formateurs. Après seulement quelques entraînements, ils réussissaient à identifier des profils d'avions projetés sur écran à des vitesses aussi rapide qu’un cinq centième de seconde (1/500e).
Ils ont ensuite essayé avec des mots. Un mot, deux mots, trois mots, quatre mots. Au grand étonnement des formateurs, les pilotes parvenaient à reconnaître quatre mots projetés à un cinq centième de seconde (1/500e). Si vous étiez capable de lire à cette vitesse, c’est-à -dire en reconnaissant quatre mots au cinq centième de seconde, vous liriez à 2000 mots à la seconde, 120 000 mots à la minute. Pour pourriez lire un livre de 400 pages en une minute. Vous liriez Guerre et Paix, un livre de 2000 pages, en cinq minutes, soit trois fois plus vite que Woody Allen.
Il va sans dire que la tentation d’exploiter ces résultats à des fins commerciales s’est fait sentir rapidement.
Prochaine chronique : La valeur d’un entraînement à la lecture rapide avec un « drill software ».
John Kennedy était-il un lecteur rapide ?
Selon la légende, John Kennedy lisait plusieurs quotidiens tous les jours. Sa vitesse de lecture aurait été de 1200 à 5000 mots/minute selon les versions.
En réalité, John Kennedy n'a jamais été mesuré. Il aurait tout simplement affirmé à un journaliste lire à 1200 mots/minute. Le journaliste a reporté cette affirmation, sans mesurer ni sa vitesse, ni sa rétention, et la légende était née.
Voici une source qui rapporte en détail l'anecdote d'origine.
L'article en anglais de Wikipedia sur la lecture rapide (speed reading) réfère à un article de Timothy Noah du Magazine Slate sur la lecture rapide. Dans un annexe à l'article, Noah explique l'origine de la légende concernant la supposée vitesse de lecture prodigieuse de John Kennedy.
Voici ma traduction de cette annexe.
Dans sa biographie de 1993, President Kennedy: Profile of Power, Richard Reeves révèle les origines nébuleuses de la légende voulant que Kennedy était un lecteur prodige. Apparemment, Eunice Shriver Kennedy (sœur du président) a dit à Henry Luce lors d’un dîner de fête que son frère avait suivi un cours de lecture rapide et pouvait lire un livre entier en une séance. Luce, à son tour, a relayé l’information au correspondant duTime à la Maison Blanche, Hugh Sidey. Sidey a appelé l’endroit où JFK avait suivi le cours et a appris qu'il ne l'avait jamais fini, donc qu’aucun score n'était disponible. Cependant, en désirant apparemment récolter un peu de publicité gratuite, la firme de lecture rapide a dit à Sidey que Kennedy lisait probablement à 700-800 mots par minute. Quand Sidey a rapporté cela à JFK, il s'est hérissé et a dit que c'était trop bas; Galbraith, il a insisté, l'avait une fois chronométré lisant mille mots par minute. Mais même cela, a dit Kennedy, était probablement trop bas. Sidey a alors demandé "Combien alors, mille deux cents ?". " OK " de répondre Kennedy. LeTime a rapporté le chiffre de 1,200 qui a été largement répété. (La source de Reeves est une interview avec Sidey conduit au début des années 1960 faisant partie de l’histoire orale officielle de l'administration Kennedy.)
Dans une version différente de cette histoire, j'ai lu (je ne retrouve pas la source) que Kennedy s'était vanté dans sa publicité électorale d'avoir suivi un cours de lecture rapide, d'avoir commencé à 280 m/m et d'avoir atteint plus de 1000 mots/minute.
Une histoire de la lecture
Une histoire de la lecture de Alberto Manguel est un magnifique livre que je vous recommande chaudement.
Je me permets de vous citer un passage qui rejoint ma définition de la lecture.
« Pour comprendre un texte, écrivait le Dr MerlinC. Wittrock dans les années quatre-vingt, nous ne nous contentons pas de le lire, au sens propre, nous lui fabriquons aussi une signification. » Dans ce processus complexe, « les lecteurs prennent le texte en charge. Ils créent des images et des transformations verbales afin de s’en représenter le sens. Plus impressionnant encore, ils produisent du sens en cours de lecture en établissant des relations entre leur savoir, des souvenirs de leurs expériences, et les phrases, paragraphes et passages du texte écrit. »… « La lecture… n’est pas non plus un processus monolithique et unitaire en vertu duquel une seule signification serait correcte. Il s’agit plutôt d’un processus génératif qui reflète la tentative disciplinée du lecteur d’élaborer un ou plusieurs sens dans le cadre des règles du langage. » pp 56-57
Manguel cite :
Merlin C. Wittrock, « Reading Comprehension », in Neuropsychological and Cognitive Processes in Reading (Oxford, 1981).
Pourquoi plutôt que de parler de lecture rapide ne pas parler de... ?
La lecture c’est plus qu’une question de vitesse. Dans mon cours, j’insiste sur la compréhension, la rétention, le plaisir de lire, l’efficacité dans la recherche d’information. En fait la lecture ce sont des habiletés à maîtriser et la vitesse est un élément parmi plusieurs autres.
Alors, pourquoi plutôt que de parler de « lecture rapide » ne pas parler de « lecture efficiente » ou de « lecture optimum » ou…?
À la place de lecture rapide, je pourrais parler de « lecture intelligente » comme le cours développé par Mme Otero. Ou de « lecture stratégique » comme plusieurs de mes concurrents. Originellement, le premier cours de lecture rapide digne de ce nom s’appelait « Cours de lecture dynamique ». Il y a aussi l'appellation « lecture efficace » qui est souvent utilisée.
Ces appellations décrivent une part importante de ce qu’est la lecture rapide. Dans mon séminaire, en plus de développer leur vitesse de lecture, les participants apprennent des techniques que j’appelle lecture dynamique, écrémage et lecture sélective qui constituent des facettes stratégiques très importantes en lecture. Tout bon cours de lecture rapide se doit de travailler à fond ces techniques. Même que ces stratégies sont à certains égards plus importantes que l’augmentation de la vitesse brute, parce qu’elles permettent des gains de temps et d’efficacité qui multiplient les gains de vitesse, de concentration, de compréhension, de rétention et de plaisir.
Toutefois, il reste que lorsque je reçois des témoignages d’appréciation, bien que souvent on soit impressionné par la simplicité de la méthode, le peu de flafla, la rigueur des présentations et par le changement d’approche que cela entraîne, il reste que ce qui frappe le plus, c’est le gain de vitesse.
Donc, ce que je livre avant tout, c’est plus de vitesse. Ainsi, je vais continuer de m’appeler : Les séminaires de lecture rapide Daniel Gagnon.
Peut-on goûter les mots en lecture rapide ? (conclusion)
Un bon lecteur...
Comme je l'ai écrit ici, un bon lecteur varie sa vitesse de lecture. Personnellement, les romans c'est ce que je lis le plus lentement. Et ce n'est pas parce que je veux me détendre ou savourer le style. C'est tout simplement qu'un roman, c'est ce qu'il y a de plus difficile à lire.
Les romans sont ce qu'il y a plus de difficile à lire
Les auteurs de romans cherchent à nous surprendre. Ils évitent les évidences, les clichés. Ils vont parfois rechercher les effets de style; leurs métaphores doivent être raisonnées. Si Michel Tremblay est facile à comprendre, les gagnants du Goncourt sont généralement moins accessibles. Les auteurs européens ou africains vont décrire des réalités qui nous sont étrangères dans des mots qui ne nous sont pas toujours familiers. La compréhension n'est pas toujours évidente dans ces situations. Alors qu'en moyenne, je lis les journaux à 500 m/m, lorsque je lis un roman, je roule plutôt autour de 400 m/m. Encore là , il s'agit d'une moyenne, puisque je varie ma vitesse.
De la table de chevet au bac de récupération
Un bon lecteur ne lit pas tous les textes de la même façon. Il y des livres qui sont faits pour être dévorés à petites doses, on les place sur notre table de chevet et on prend des mois à les lire. Et il y a les romans de gare, qui doivent être lus rapidement sinon on en perd le fil, et qui finissent au marché aux puces.
Le lecteur rapide et les romans
La lecture rapide, c’est de la lecture. La lecture exige des habiletés, des compétences, des dispositions. Un bon lecteur maîtrise ces compétences. Un lecteur rapide est simplement une personne extrêmement habile à ressortir rapidement le message, le contenu, le sens d’un texte. Et il le fait aussi bien avec les romans, il le fait tout simplement différemment selon l’attention qu’il souhaite porter au sens, au style, à l’intrigue, à l’écriture, etc.
En conclusion: oui, la lecture rapide permet de goûter chaque mot, si c’est ce que l’on souhaite !
Peut-on goûter les mots en lecture rapide ? (suite)
Dans cette suite de mon dernier billet, je cherche à approfondir une question déjà traitée dans la chronique: Est-ce que la lecture rapide s’applique aux romans ?
Maintenant, pour un roman écrit avec style et saveur, peut-on, sans nécessairement savourer chaque mot, peut-on savourer le style de l’auteur en le lisant rapidement ?
Pourquoi pas ? Qu’est-ce que « profiter du style » ? Le style est partout. Il est dans la substance du texte. Il explique le plaisir de lire. Il y a des auteurs qui écrivent mal, mais qui livrent un contenu, un sens, qui nous intéresse et qu’on continue à lire, même si leur style nous fait suer. Il nous épuise, il nous frustre, on se fatigue de les lire, mais les lit-on plus vite pour autant ? Pas du tout, c’est même le contraire. À l’inverse, un texte bien écrit au style riche, pensez aux grands écrivains romantiques du XIXe siècle, peut nous emmerder à mourir parce que le contenu ne fait plus de sens pour nous. Finalement, un roman fignolé, riche en couleur, lumineux, qui livre des idées qui nous interpellent sera dévoré férocement en quelques heures.
La lecture rapide (et au risque de me répéter, j’entends par lecture rapide lire tous les mots entre 300 et 600 m/m et non les survoler) permet d’accéder rapidement au contenu, d’évaluer rapidement la qualité d’un texte et d’en profiter pleinement.
Les gens qui aiment lire, qui lisent beaucoup, lisent vite.
Par exemple, le roman Stupeur et tremblement d’Amélie Nothomb est un roman savoureux qu’on lit pour le style, mais aussi pour l’amusement que nous apporte le contraste des cultures qu’elle décrit. L’écriture de l’auteur est simple, claire et imagée. C’est un roman facile à lire que j’ai lu à grande vitesse tout en m’émerveillant de la qualité de la plume de l’auteure.
Il y a un grand plaisir à lire vite. On avance. On s’implique. On embarque dans l’histoire. Alors que les gens qui lisent lentement généralement n’aiment pas lire. Et n’allez surtout pas leur parler de la qualité du style, il ne voit tout simplement pas cela.
(CONCLUSION Ã suivre)
Peut-on goûter les mots en lecture rapide ?
Je vais commencer par faire une distinction, on parle parfois, plutôt que de goûter les mots, de « savourer CHAQUE mot », un peu comme savourer chaque bouchée. Ce qui m’apparaît impossible en lecture. Du moins, si on prend cette expression au pied de la lettre. Car lire, comme je l’ai déjà expliqué, c’est chercher du sens, chercher des idées.
En poésie, est-ce qu’on cherche du sens ? Oui, aussi, mais différemment. En poésie, on cherche une image, une atmosphère, une émotion. On cherche à être émerveillé. On lit et relit les mêmes poèmes. On fait de même pour un texte poétique ou une formulation particulièrement bien réussie. On savoure les mots. Mais, chaque mot ? Certains mots, oui, assurément. Je pourrais dire qu’on ne savoure pas les déterminants, mais ce serait de la mauvaise foi.
Je crois que oui, en poésie, on peut savourer chaque mot. De toute façon, la poésie doit être lue à voix haute, ce qui exclut toute rapidité. À ce moment, il est possible de savourer chaque mot.
Voici un de mes poèmes favoris, je le connais par cœur. Si vous me rencontrez, demandez-moi de vous le réciter. Je prendrai un grand plaisir à partager avec vous la saveur de chacun des mots de ce poème, même si je ne connais pas le sens de chacun.
LINOTHANIE
(a.vidalie)
je te printanise
je te paysage
ma carnine
ma délétère
mon jardin devenu sauvage
et je te pleus des hirondelles
sur tes caps et sur tes rivages
mon orbaigneuse
mon orbaigneuse
tout enrichie de mon naufrage
et je t’envergue de ventôse
pour nager vers de mêmes plages
je t’érostrate les profils
mon bois de nuit
ma carcérale
mon appel au cœur étoilé
ma sainte en os blancs
mon afrique
mon nord
ma colonie perdue
mon autre côté de la mer
ma sapide
ma gratinée
mon rouge et noir
mon fait divers
mes quatre saisons en enfer
mon à -la-une en faire-part
mon épilogue en bois doré
mon outremer
ma constellation maléfique
ma jeune morte de l’année
ma révolution permanente
ma nymphe de sous les lanternes
ma croix
je te salue
JENNY MERVEILLE
MA POÉSIE ASSASSINÉE
(Ã suivre)
Qu'est-ce que j'ai contre la lecture en diagonale ?
J’enseigne la lecture rapide, pas la lecture en diagonale
Je n’enseigne pas la lecture en diagonale. La première chose que l’on me dit lorsque j’informe les gens que je donne un cours de lecture rapide, c’est : « Ah oui ! Lire en diagonale. »
Pourquoi, est-ce que je tiens autant à me démarquer de la lecture en diagonale ? C’est parce que la lecture en diagonale est inconsciemment associée au charlatanisme, au survol d’un texte, à l’absence de compréhension et de rétention et, surtout, au néant du plaisir de lire. Avec raison !
Alors qu’au contraire, la lecture rapide permet une meilleure compréhension, une meilleure rétention et un plus grand plaisir de lire.
Lire en diagonale = survol
Lire en diagonale, c’est lire à plus de 1000 mots/minute et j’ai amplement démontré dans mes chroniques que très peu de gens lisent confortablement à ces vitesses, et qu’il s’agit, dans les meilleurs des cas, de techniques de survol. Lorsque quelqu'un vous dit qu'il a lu un texte en diagonale, en fait il veut dire qu'il ne l'a pas lu, qu'il l'a tout simplement survolé.
Lire de 50 Ã 150 % plus vite
Mes objectifs sont plus modestes, mais plus réalistes : en arriver à lire entre 300 et 600 m/m. J’affirme que ces vitesses favorisent de façon optimum la concentration, la compréhension, la rétention et le plaisir de lire. Au contraire d’une lecture lente ou d’une lecture en diagonale.
Il faut savoir…
La majorité des gens lisent entre 200 et 250 mots/minute. C’est à peine plus rapide que la vitesse de la parole, qui est de 150 à 200 m/m. Il est considéré comme normal, par les spécialistes de la lecture, de lire silencieusement de deux à trois fois plus rapidement que l’on parle. De deux à trois fois 150 à 200 m/m, cela veut dire entre 300 et 600 m/m.
Lire trop lentement = ennui
Et qu’arrive-t-il lorsqu’on lit trop lentement ? Notre esprit est porté à vagabonder, il finit par s’ennuyer, par perdre le fil de ce qu’il lit et ainsi l’on perd concentration, compréhension et plaisir de lire. Le lecteur lent arrive à la fin et a oublié le début; il a saisi quelques détails et perdu de vue l’ensemble; ou il a pris beaucoup de temps à évaluer la pertinence d’un texte et il a consacré un temps fou à lire des choses inutiles.
Un lecteur efficace
La principale caractéristique d’un bon lecteur c’est sa flexibilité. Un bon lecteur s’adapte au texte, à ses besoins et aux circonstances. La lecture rapide, c’est plus que lire vite, c’est aussi des stratégies comme la lecture dynamique, la lecture sélective et l’écrémage qu’un bon lecteur se doit de maîtriser.
La lecture rapide ne s'applique pas à ... (4)
La lecture rapide ne se prête pas bien à la lecture de la poésie, des panneaux routiers, des menus, des listes.
Pour les listes, cela dépend de la nature de la liste.
Au début, je faisais un série d'exercices avec mes participants qui avait pour but de démontrer qu'on ne prend pas plus de temps à lire un caractère qu'à n'en lire dix et même plus.
Voici l'exercice :
1— Chronométrez le temps que cela vous prend pour lire chaque lettre de cette colonne :
g
a
r
u
i
g
m
l
q
w
x
d
f
p
f
d
h
m
a
c
Votre temps : _________secondes
Nombre de caractères : 20
2— Chronométrez le temps que cela vous prend pour lire chaque syllabe de cette colonne :
bas
mur
clou
rot
bien
bon
mal
nul
roi
sir
fait
lien
toi
qui
non
but
chat
cul
taon
pur
Votre temps : _________secondes
Nombre de caractères : 66
3— Chronométrez le temps que cela vous prend pour lire chaque mot de cette colonne :
commission
catholique
musulman
étranger
xénophobe
raciste
souveraineté
identité
Hérouxville
intolérance
identité
cathédrale
torture
nazisme
différence
adaptation
immigration
religion
liberté
acceptation
Votre temps : _________secondes
Nombre de caractères : 183
En principe, si vous êtes un lecteur moyen, vous devez avoir pris à peine plus de temps pour lire la troisième liste qui contient pourtant neuf fois plus de caractères que la première et presque trois fois plus que la deuxième. Et votre rétention des mots doit être très supérieure, puisque la première liste n'avait aucun sens, que la deuxième faisait très peu de sens, alors que la dernière contient des mots faisant référence à un dossier chaud de l'actualité.
Les exercices se continuaient avec des groupes de mots, puis des mots jumelés mais séparés par un nombre grandissant de frappes. Le tout visait à démontrer que la lecture par groupe de mots permet une vitesse plus grande. Je ne fais plus ces exercices que j'ai remplacés par deux autres plus pertinents.
Mais là où je veux en venir, c'est que si votre vitesse varie peu entre la première et la troisième liste, il en sera de même pour un lecteur rapide qui ne lira pas ces listes significativement plus vite qu'un lecteur moyen.
Pourquoi ? Parce que lire c'est chercher du sens et qu'un lecteur rapide est plus efficace à dégager les idées d'un texte, mais pas d'une liste...
Par contre s'il s'agit d'une liste d'idées et que chacune est exprimée par une phrase complète, il sera plus rapide. Il n'aura pas tout retenu, toutefois il aura identifié plus efficacement l'idée ou les quelques idées qu'il estime pertinentes.
La lecture rapide ne s’applique pas à ... (3)
La lecture rapide ne se prête pas bien à la lecture de la poésie, des panneaux routiers, des menus, des listes.
Lorsque je donne mon cours de lecture rapide, à la pause du dîner, c'est immanquable, il y en a toujours un pour demander, à la blague, si on doit lire le menu rapidement.
Lire c'est chercher du sens, quand je lis le menu je cherche un plat qui correspond à mon appétit et à mon goût du moment. Je saute rapidement les parties qui ne me concernent pas, les petits déjeuners, la section des vins, pour aller immédiatement au menu du jour et généralement, le midi, je cherche un repas riche en protéine, léger en glucide et pauvre en gras, parce que cela diminue la tendance à somnoler en début d'après-midi. Quand je vois un plat qui contient du poulet, je m’y attarde.
On fait tous cela. Cela s’appelle du repérage. Comme chercher un nom dans l’annuaire, comme chercher un mot dans le dictionnaire. Ce n’est pas de la lecture rapide. Mais c’est une des cinq étapes de la lecture sélective.
La lecture rapide ne s’applique pas à … (2)
La lecture rapide ne se prête pas bien à la lecture de la poésie, des panneaux routiers, des menus, des listes.
Pourquoi des panneaux routiers ?
Parce qu'un jour un individu m'a abordé en me disant qu'il avait suivi mon cours de lecture rapide et que, semble-t-il, il m'avait impressionné par sa vitesse de lecture. Je ne me souvenais pas de lui. Il a ajouté qu'il enseignait maintenant la lecture rapide. Puis pendant vingt minutes, il m'a expliqué ce qu'est la lecture rapide !!!
Dans son cours, me disait-il, et voilà où je veux en venir, il enseigne que l'on peut pratiquer la lecture rapide à tout moment. Que lui, lorsqu'il est en automobile et qu'il voit un panneau routier, paf !, en un coup d'oeil il le saisit.
J'ai trouvé cela farfelu. Parce que la lecture rapide est destiné, principalement, à la lecture des textes ayant du sens. Je ne crois pas que ma vitesse de reconnaissance des informations contenues sur les panneaux routiers soit significativement supérieure à celle d'un lecteur moyen. La différence n'est pas significative. Et comme façon de s'entraîner, c'est ridicule !
Malheureusement, il y a beaucoup de gens comme cela qui s'improvisent prof. de lecture rapide et qui contribuent à discréditer la lecture rapide.
Je rencontre souvent des gens qui me disent qu'ils ont suivi un cours de lecture rapide et que cela ne leur sert pas. Qu'il ne voit pas l'intérêt de lire aussi vite et de ne rien retenir. Je leur explique alors que la principale caractéristique d'un lecteur rapide, c'est sa flexibilité. Qu'un bon lecteur ne lit pas tout à la même vitesse et qu'il n'approche pas tous les textes de la même façon; que la lecture dynamique, la lecture sélective et l'écrémage sont des techniques qui permettent d'ajuster notre vitesse à notre besoin. Et que lire de cette façon procure un plus grand plaisir de lire. Mais je n'en rescape pas beaucoup: le mal est fait.
Je suis, à ma connaissance, le seul à mettre l'accent dans mon cours sur la compréhension et le plaisir de lire.
La lecture rapide ne s’applique pas à … (1)
Dans une chronique précédente, j’insistais pour dire que la lecture rapide vous permettrait de profiter davantage de la lecture des romans.
Y a-t-il des domaines où la lecture rapide ne s’applique pas ?
Oui !
La lecture rapide ne se prête pas bien à la lecture de la poésie, des panneaux routiers, des menus, des listes.
Commençons par la poésie.
C’est Léo Ferré qui a dit que la poésie n’est pas faite pour être lue silencieusement, mais pour être entendue.
La poésie est une clameur, elle doit être entendue comme la musique. Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie; elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale, tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.
Léo Ferré
Comme la lecture rapide ne se fait pas à haute voix…
« La solitude infinie existe… »
« La solitude infinie existe… »
C’est la réponse de Marie Laberge, lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle, à la question de l’animateur Guy A. Lepage : « Quelle serait la première phrase d’un livre qui aurait pour thème l’analphabétisme ? »
Est-ce que la lecture rapide s’applique aux romans ?
Pensez-vous que vous pourriez appliquer la lecture rapide à la lecture d’un roman ?
Je pose cette question à mes participants, généralement après deux heures de formation, après qu’ils aient été initiés à la technique de base et que j'aie commencé à entraîner leur vitesse de perception pour leur permettre de lire tous les mots plus rapidement.
La plupart du temps la réponse est unanime : NON !
Parfois, j’ai des participants qui réagissent très émotivement. Il y a des personnes qui ont une relation très intime avec la lecture. Pour eux lire, c’est un moment de détente privilégié, une rencontre unique, un délice pur. Je me souviens d’une participante qui m’avait dit : « Je performe toute la journée, alors une fois à la maison, je me coule un bon bain puis je m’installe pour savourer un bon roman, il n’est surtout pas question pour moi de gâcher mon plaisir en essayant de performer en lisant rapidement ».
Puis je leur explique. La principale caractéristique d’un bon lecteur, c’est sa flexibilité. Seuls les mauvais lecteurs lisent tous les livres de A à Z à la même vitesse. C’est ce qui explique d’ailleurs qu’ils aient une mauvaise concentration. Quand vous lisez un roman, ou quoi que ce soit d’autre, vous n’êtes jamais obligé de le lire à votre vitesse maximale d’un bout à l’autre. Vous le lisez à la vitesse qui vous convient. Celle qui est confortable pour vous et qui vous permet d’apprécier l’histoire. Toutefois, il est primordial de le lire avec la technique de base, le repère visuel, surtout au début pour acquérir l’habitude. Puis sans vous en rendre compte, vous allez vous mettre à lire plus vite, vous aller embarquer davantage dans l’histoire, vous aller avoir une meilleure concentration et une meilleure rétention, pour finalement avoir un plus grand plaisir de lire. Actuellement, vous avez très peu d’expérience en lecture rapide, il est trop tôt pour juger.
Pour moi, le plaisir de lire est le moteur à la base de la lecture.
À la fin de la journée, je leur repose la question. À ce moment, les participants ont pratiqué davantage, ils ont expérimenté la lecture dynamique, la lecture sélective et l’écrémage, qui leur permettent de comprendre qu’un bon lecteur est flexible, et surtout ils ont acquis beaucoup plus de confort avec la technique du repère visuel. Et bien, cette fois-ci la réponse est toute autre. Mais il n’y a pas d’enthousiasme. On comprend, on anticipe, mais il reste à le vivre par soi-même. C’est seulement dans les semaines qui suivent que les participants m’écrivent pour témoigner d’un plus grand plaisir de lire.
Depuis que j’enseigne la lecture rapide, j’ai fait beaucoup d’effort pour me démarquer de la fameuse étiquette de « lecture en diagonale » qu’on associe à la lecture rapide et qui grosso modo signifie survoler un texte pour en deviner le contenu sans aucun plaisir de lire. Je n’enseigne pas la lecture en diagonale. J’ai trop de respect pour la lecture. Pour moi, le plaisir de lire est le moteur à la base de la lecture. Même pour le rapport plate que vous êtes obligé de lire ! Vous en doutez... C'est que vous ne connaissez pas la lecture dynamique, la lecture sélective et l'écrémage.
Qu’est-ce que l’acte de lire ?
La collection Que sais-je a publié en 1995 un petit livre La lecture experte qui donne la définition suivante :
« Lire consiste à extraire de l’information visuelle à partir d’une page écrite afin de la comprendre. »
C’est même la toute première phrase du livre.
On pourrait simplifier l’énoncé en élaguant la partie descriptive et on aurait : LIRE, C’EST COMPRENDRE.
Depuis la fin des années 60, l’enseignement de la lecture met davantage l’accent sur la compréhension. Car on sait que lire, c’est plus que décoder des mots syllabe par syllabe.
Et c’est quoi comprendre ?
Comprendre, c’est dégager le sens.
Si vous entendez une blague et que vous ne la comprenez pas, vous ne la rirez pas. Vous ne serez pas capable de l’expliquer.
Si vous la comprenez : vous allez peut-être la rire; vous allez pouvoir la raconter en vos propres mots; vous allez être capable de l’expliquer, d’en dégager le sens, l’idée, le message.
Donc, lire, c’est chercher à dégager le sens. Ou plus simplement : LIRE, C’EST CHERCHER DU SENS*.
Conséquemment, lire ce n’est pas décoder syllabe par syllabe, mot par mot. Lire ce n’est pas non plus accumuler une liste de détails ou de faits. Lire c’est chercher des idées, c’est chercher le message…
Pour bien lire, il faut maintenir le C.A.P. C'est-à -dire, privilégier la Compréhension Avant la Précision. Négliger les détails pour saisir l’ensemble. Car nous retenons plus facilement les idées que les faits. Et paradoxalement, la maîtrise de l’ensemble nous aide à mieux retenir les détails.
Et quel est le meilleur moyen pour aller directement aux idées ? Eh oui ! Il s’agit d’aller vite. Comme le disait Alain : « Lire, c’est aller vite [ ] c’est négliger ce qui va de soi… » Au contraire de ce que bien des gens croient, la vitesse en lecture favorise la compréhension. Attention ! Ici, je parle de vitesse, mais de vitesse raisonnable, soit entre 300 et 600 m/m, soit de 50 à 150 % la vitesse du lecteur moyen dont la vitesse de lecture dépasse à peine la vitesse de la parole.
Bref :
1- Lire c’est chercher du sens, donc des idées.
2- Qu’une idée, ce n’est pas une suite de syllabes, ou de mots ou, encore, de détails ou de faits.
3- Que nous retenons plus facilement les idées que les faits ou les détails.
4- Donc que trop s’attarder aux détails fait perde de vue l’ensemble et nuit à la compréhension.
5- Et finalement, que lire rapidement favorise la compréhension.
* Cette définition, je l’ai reprise de Mme Jocelyne Giasson, une sommité dans l’enseignement de la lecture qui a formé deux générations de profs. Mme Giasson a été ma correctrice de thèse.
Comment avez-vous appris à lire ?
En commençant par reconnaître l’abécédaire. Puis en apprenant à distinguer les voyelles des consonnes, à unir les consonnes et les voyelles afin de former des syllabes simples, puis des syllabes complexes et finalement des mots entiers.
Ou peut-être avez-vous appris avec la méthode globale, ou mot-étiquette, qui commence par présenter des mots aux enfants, puis quand ceux-ci en connaissent un certain nombre, ils sont capables de différencier les syllabes qui les composent.
Mais lire, c’est plus que de reconnaître des mots ou les décoder.
Avez-vous déjà reçu ce message et avez-vous été capable de le comprendre ?
« Sleon une édtue de l'Uvinertisé de Cmabrigde, l'odrre des ltteers dnas un mot n'a pas d'ipmrotncae. La suele coshe ipmrotnate est que la pmeirère et la drenèire lrtete soenit à la bnnoe pclae. Le rsete peut êrte dnas un dsérorde ttoal et vuos puoevz tujoruos lrie snas porlblème. C'est prace que le creaveu hmauin ne lit pas chuaqe ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot. »
Je ne crois pas qu’il s’agisse d’une étude récente de l’université de Cambridge parce que cela est connu depuis plus de 50 ans. La Gestalt s’est beaucoup penchée sur la capacité du cerveau humain de reconstruire des associations incomplètes.
Si malgré ces contraintes, vous avez réussi à comprendre ce texte, c’est que le bon lecteur reconnaît les mots globalement. Il ne décode pas les mots syllabe par syllabe, sauf s’il s’agit d’un mot nouveau.
De plus, le contexte, la maîtrise du sens général lui permettent d’anticiper les mots, les phrases et même tout le contenu du texte.
Êtes-vous capable de terminer la phrase suivante :
Ainsi que l’a dévoilé hier M. Jean Charest, premier ministre du ____.
Voilà , qui était facile. À moins que vous ne soyez un citoyen du Sri Lanka. Mais si vous êtes du Québec et avez plus de 16 ans, il est fort probable que la réponse vous est venue sans hésitation. Vous n’avez pas besoin de lire attentivement tous les mots pour comprendre une phrase. Encore moins toutes les syllabes.
Maintenant, aurez-vous autant de facilité avec la phrase suivante :
La respiration diaphragmatique par son action péristaltique permet une meilleure _____________.
Si vous êtes médecin, vous aurez anticipé qu’il s’agit ici de la digestion. La respiration diaphragmatique, c’est respirer par le ventre. Le péristaltisme, c’est des compressions successives qui permettent au contenu de l’intestin de progresser…
Passionnant, n’est-ce pas ?
Tout ça pour nous permettre d’y aller de quelques évidences.
Notre compréhension en lecture dépend de notre connaissance du vocabulaire. Si vous ne connaissez pas le latin et qu’un texte est truffé d’expressions latines, vous ne comprendrez pas.
Une question qui m’est souvent posée est : est-ce que cette technique est valable pour l’anglais ? Oui, si vous maîtrisez le vocabulaire anglais.
Il en va de même pour les textes techniques dans un domaine qui est nouveau pour vous. La lecture rapide vous permettra de lire plus rapidement et de mieux comprendre, mais elle ne vous enseignera pas l’anglais.
Ni la médecine.
Car votre compréhension en lecture dépend aussi de votre bagage de connaissance antérieure. Plus vous maîtrisez un sujet, plus il vous sera facile de le lire rapidement et de le comprendre.
Toutefois, la lecture dynamique vous permettra d'approcher les textes contenant de nombreux termes nouveaux et dont le sujet vous est peu connu, de façon beaucoup plus efficace.
Confiance en soi = croire en soi
Barbara De Angelis, La confiance en soi. ADA, 2006.
Un tout petit livre, 86 pages, sans grandes prétentions, qui y va de conseils simples et pratiques pour développer sa confiance en soi. J’ai bien aimé sa conception de la confiance en soi, elle me rejoint. J’ai une bonne estime de moi, mais j'ai tendance à ne pas croire suffisamment en moi : le doute méthodique est à la base de la science, mais pas de la confiance en soi.
Si le contenu de ce résumé vous plaît et vous stimule autant que tous ceux qui l’ont lu jusqu’à maintenant, n’hésitez pas à faire comme eux et à le référer à vos amis, parents et collègues.
Voici mon résumé :
La confiance en soi provient de votre détermination. Elle repose sur votre conviction de posséder en vous tout ce qu’il faut pour réussir. C’est de savoir que vous réussirez à surmonter vos peurs et que vous n’abandonnerez pas la partie. Peu importe les résultats, elle s’appuie sur la foi en vous-même, que vous réussissiez ou pas.
Elle repose sur l’action : avoir confiance que vous allez faire le nécessaire et donner de votre mieux. C’est agir, en ayant la permission d’échouer à condition d’avoir tout fait ce que vous vous êtes promis de faire.
Elle ne dépend pas de vos aptitudes dans tel ou tel domaine, sinon la confiance ne se manifestera que dans les domaines où vous excellez et pas le reste du temps.
Vous ne serez jamais bon du premier coup. Il faut savoir que vous ferez des erreurs. Si l’orgueil, la crainte de faire des erreurs et de faire mauvaise figure, vous empêche d’agir, vous ne ferez jamais rien. Si vous attendez d’avoir réussi quelque chose pour vous sentir prêt à agir, vous autosabotez votre vie. C’est comme si un patron vous imposait constamment de nouvelles conditions avant de vous accorder une augmentation promise. Ne vous traitez pas de cette façon.
La confiance en soi provient de votre capacité d’agir en dépit de vos peurs. Il y a un livre qui porte ce titre : Feel the fear and do it anyway. Il est normal d’avoir peur. Ceux qui réussissent de grands projets sont ceux qui accueillent leur peur comme un stimulant pour agir et non comme une angoisse paralysante.
Avoir confiance en soi, c’est croire en soi. C’est différent d’avoir un gros ego qui signifie « chercher à prouver qu’on est meilleur que les autres ».
Il y a des avantages de ne pas avoir confiance en soi : cela vous justifie d’être paresseux, inactif, déprimé et en colère. Est-ce votre cas ? Il faut du courage pour briser ses vieux modèles.
Les quatre étapes de la confiance en soi :
1- Passer à l’action, entreprendre
2- Persévérer, maintenir le cap, échapper aux chants des sirènes et éviter de s’éparpiller
3- Se préparer à rencontrer des obstacles et à y faire face
4- Demander de l’aide autour de soi, accepter l’aide qu’on vous offre, tisser des liens
Finalement, rappelez-vous toujours que vous êtes sur terre pour une seule raison :
Être aussi extraordinairement VOUS que possible.
Mangez ! Un livre antirégime, prominceur et progourmandise.
Pour la première fois, comme promis, je vous parle d'une de mes trouvailles. Et quelle trouvaille ! Un livre appelé à connaître un succès retentissant. Vous en entendrez parler, si ce n'est déjà fait. Un livre iconoclaste comme je les aime, qui remet en question les idées reçues sur la nutrition.
Mangez ! Un livre antirégime, prominceur et progourmandise de Guylaine Guevremeont Dt.P. et Marie-Claude Lortie, journaliste à la Presse. Les Éditions La Presse.
Fini les restrictions de toutes sortes, vous pouvez enfin manger tout ce que vous voulez - oui tout : chips, pizza, pogo, bonbons, gâteau au fromage, fraises à la crème 35 %, saucisson bien gras, chocolat, name it - et maigrir sans faire d’exercice.*
Pas que l’exercice ne soit pas recommandé et qu’on ne doive pas manger santé. Mais on doit faire de l’exercice parce qu’on aime ça, ou qu’on veut se mettre en bonne condition physique, mais pas pour maigrir. Parce que l’activité physique, bien qu’elle augmente le métabolisme et brûle les calories, augmente aussi votre appétit et on revient à la case départ. Il faut manger santé, mais pas s’astreindre à manger triste sous prétexte de santé. Ni se priver de ce qu’on aime, car de toute façon on finit par craquer et manger plus pour compenser. On ne gagne rien au change.
Attention : si vous pensez à maigrir rapidement, pour pouvoir mieux vous goinfrer aux fêtes, vous n’y êtes pas du tout. Certains de ses clients ont commencé à maigrir que huit mois après avoir adopté cette approche, qu’on pourrait qualifier de retour aux mécanismes naturels de régulation de l’appétit.
Vive la gourmandise, Ã bas la goinfrerie !
Il s'agit de retrouver un instinct sain face à la nourriture, et pour cela il faut réapprendre à reconnaître les signaux que nous envoie notre organisme et à leur obéir. Message qui se résume ainsi : Mangez aussitôt que vous ressentez la faim; arrêtez dès que vous n’avez plus faim.
Le nourrisson le fait spontanément, la majorité des enfants aussi, mais pas beaucoup d’adultes, encore moins ceux qui s’astreignent à toutes sortes de restrictions. Car à force de s’interdire ses aliments préférés, on finit par perdre ses repères, flancher et se gaver comme une oie. Les études le démontrent : les restrictions sont source de compulsion. En mangeant ce qu’on veut, quand on veut, on redéfinit notre rapport aux aliments et on redevient plus modéré. Et on maigrit sans souffrir. Enfin, terminées les obsessions alimentaires qui grugent tant d’énergie. On mange quand on a faim. On arrête dès le que l’impression de satiété se fait sentir. Il faut alors abandonner son assiette, même à moitié pleine. Même la succulente tarte au sirop d’érable à peine entamée. Il n’y a pas d’impression de se priver, car de toute façon, on peut manger ce que l’on veut, aussi souvent que cela nous plaît. Il y a toujours la possibilité de se reprendre au prochain repas, qui de toute manière n’est pas très loin puisqu’elles recommandent, si nécessaire, jusqu’à six repas par jour. Et puis après les premières bouchées, les aliments ont moins de goût, aussi bien manger plus souvent, on goûte plus. En s’attardant davantage au goût, on favorise la diversité, et comme les papilles gustatives participent à la sensation de satiété, le cercle vertueux s'enclenche.
Quand est-ce qu’on a faim ? Quand est-ce qu’on n’a plus faim ?
C’est la partie la plus difficile, car on a souvent perdu le contact avec les messages de son corps. C’est l’objet du chapitre le plus long, et c’est tout le programme. Il faut faire attention aux fausses faims, celles qui nous font manger nos émotions et outremanger sans faim. Et il faut manger lentement, bouchée par bouchée, mastiquer longuement des deux côtés de la bouche, s’arrêter régulièrement pour se demander si on a encore faim.
Bref, écoute ton corps ! Apprends à reconnaître les signaux de la faim et de la satiété, pour cela il faut s’interroger constamment : Ai-je faim ou est-ce que je m’ennuie, etc. ?
Parmi ses autres recommandations :
Déjeuner dans l’heure qui suit le lever.
S’asseoir pour manger, sans lire, sans écouter la télévision, afin de se concentrer sur le goût des aliments.
Introduire les aliments interdits graduellement, de préférence le jour, car c’est le soir qu’on a le plus tendance à être compulsif.
L’alcool est permis, mais attention, il altère le sens de la satiété. C’est aussi une question d’arrêter lorsqu’on est rassasié.
Avant de vous coucher, si vous avez faim, mangez !
Cacher votre balance. Se peser trop souvent amène à être déçu de son poids avec pour conséquence qu’on cherche à se priver. À éviter !
Un livre libérateur
En fait, c’est une philosophie de vie qui rejoint ma conception de la lecture et de la pédagogie : Learn must be fun. Et bien manger doit être un plaisir, point, et non une source de frustration qui vous gâche la vie. Une fois que vous aurez compris cela, vous serez envahi par un ravissement libérateur : ENFIN !
Quand elle parle des enfants et de l’alimentation, je me suis senti revenir aux sources, au livre qui m’a amené à la pédagogie : Libres enfants de Summerhill. Dans ce livre paru en 1960, l’auteur, A.S. Neil, prêchait le respect de l’enfant, de ses besoins et de ses goûts. Et au livre qui m’a donné ma vision de la pédagogie, Une pédagogie pour les sciences expérimentales, d’André Giordan, qui défend une pédagogie basée sur la curiosité spontanée de l’enfant, et l’importance de lui offrir un cadre diversifié et stimulant.
Et cela rejoint ma vision de la lecture rapide lorsque j’interpelle mes participants en leur disant : « Libérez-vous de vos chaînes, soyez des lecteurs déchaînés, roulez-vous dans la crème, vous n’engraisserez pas, seules vos connaissances vont engraisser et lire de cette façon c’est extraordinairement passionnant, on parle ici du plaisir pur de lire ».
En conclusion, c’est un livre que je recommande chaudement, un livre qui va changer votre vie…
*Il y a quelques années est parue dans les journaux une publicité qui se servait de la notoriété de Demis Roussos pour promettre un résultat similaire. Il s’agissait d’un régime sans glucides du type Atkins qui n’a eu aucun impact à long terme sur la ligne du célèbre chanteur grec. Pourquoi est-ce que je pense que ce livre va réussir là où tant d'autres ont échoué ? Parce qu’il est basé sur la science de la nutrition et sur le gros bon sens. Les deux auteures ne sont pas des médecins qui se sont improvisés diététiciens comme Atkins et Montignac, auxquels presque tous les nutritionnistes s’opposent.
Daniel Gagnon
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Peut-on, à plus de 50 ans, apprendre à lire plus vite ?
La lecture : un outil d’apprentissage qui se perfectionne
(Article écrit pour le site Internet www.citeboomer.com)
« S’instruire, c’est s’enrichir », disait le slogan. Et il s’est révélé vrai. La génération du baby-boom a profité d’investissement massif dans l’éducation. Et selon l’économiste Pierre Fortin, c’est ce qui explique le rattrapage économique que le Québec a effectué. Le mythe du chômeur instruit est ce qu’il est, un mythe.
Bien que cette génération plus instruite lit beaucoup plus, elle est aussi sollicitée par une plus grande quantité d’information. Nous sommes dans la société de l’information. Les connaissances doublent aux 15 ans.
Depuis la petite école, est-ce que votre vitesse de lecture a doublé tous les quinze ans ?
Vous avez, en première année, appris à lire à haute voix (oralement), puis silencieusement. Ordinairement vers la troisième ou quatrième année votre lecture silencieuse est devenue plus rapide que votre lecture orale. Puis, si vous faites partie du 10 % des plus doués, votre vitesse a doublé et si vous faites partie du 1 % des lecteurs rapides, votre vitesse a triplé.
Si vous lisez à peine plus vite que la vitesse de la parole, il y a place à l’amélioration. Si vous êtes déjà parmi les plus doués, vous serez étonné d’apprendre que vous pouvez encore améliorer vos habiletés de lecture.
Car la lecture ce sont différentes habiletés qui peuvent être entraînées. Les gens habiles, les gens efficaces, dans quelques domaines que ce soit, ont développé des stratégies (trucs, astuces) et ont perfectionné leurs techniques. En lecture aussi c’est possible, et la beauté de la chose, c’est que c’est très simple et très facile à faire.
Peut-on, à plus de 50 ans, apprendre à lire plus vite ?
On peut développer ses habiletés et apprendre de nouveaux trucs à tout âge. En fait, la question est : peut-on changer ses habitudes à plus de 50 ans ? La réponse dépend de vous. Ce que j’ai constaté après neuf ans d’enseignement de la lecture rapide, c’est que les plus motivés à changer leurs habitudes de lecture ce sont les gens qui lisent beaucoup pour leur travail.
Pourquoi apprendre à lire plus vite ?
Parce que la lecture constitue un moyen privilégié d’apprendre et de croître. La lecture rapide vise à vous donner un accès plus grand à la richesse littéraire et à la connaissance. Il ne s’agit pas seulement de lire plus vite, mais aussi de comprendre mieux et de tirer le meilleur parti de ses lectures, sans sacrifier le plaisir de lire, bien au contraire. Regardez autour de vous, les gens qui aiment lire et qui lisent beaucoup sont généralement des gens qui lisent vite. Et à l'inverse, les gens qui n’aiment pas lire sont des lecteurs lents.
Qu’apprendrez-vous dans un cours de lecture rapide ?
Vous apprendrez que vous devez lire en utilisant votre doigt ou un crayon. Si vous avez été un de ceux à qui on a tapé sur les doigts pour avoir agi ainsi, bien l’heure de la revanche a sonné. Vous apprendrez à dire les mots dans votre tête extrêmement vite, plutôt que de les articuler syllabe par syllabe. Vous apprendrez différentes façons de survoler un texte pour en faciliter la lecture et la compréhension. Vous apprendrez que 90 % du contenu d’un texte est oublié rapidement et que pour gagner du temps il faut sélectionner, écrémer et ancrer les informations.
Ce que vous n’apprendrez pas dans mon cours : lire en diagonale, lire à des vitesses vertigineuses. Vous n’aurez pas non plus d’entraînement à faire, sinon très peu. Et il n’y a pas deux façons de lire, la façon dont vous lisez maintenant et la lecture rapide. Vous devrez par contre toujours lire de cette façon. Au début, vous vivrez de l’insécurité et de l’inconfort, ce qui est une étape normale lorsqu’on change ses habitudes, quelles qu’elles soient, mais rassurez-vous cela ne dure que quelques heures.
En fait la lecture rapide, c’est très simple, mais les exercices sont déroutants. J’explique aux participants à mon séminaire que le gros de mon travail c’est de les rassurer. J’ai souvent des amis qui me disent : « Tu nous avais expliqué ce que c’était. J’avais compris. Mais il faut vivre le cours pour intégrer et voir les résultats ».
Alors, au plaisir de vous rencontrer et, qui sait, ce texte sera peut-être le dernier que vous aurez lu lentement…
Daniel Gagnon M.A.
Orthopédagogue
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En plus de procurer un plus grand plaisir de lire, la lecture rapide favoriserait la bonne humeur, l’estime de soi, ainsi que le sentiment d’être énergique et créatif…
LE PLAISIR DE LIRE OU COMMENT EN FUMER DU BON…
J’explique aux participants à mon séminaire de lecture rapide que lire rapidement procure un plus grand plaisir de lire. Jusqu’à maintenant mes arguments étaient subjectifs :
1- Regardez autour de vous, les gens qui aiment lire et qui lisent beaucoup sont généralement des gens qui lisent vite. Et à l'inverse, les personnes qui n’aiment pas lire sont des lecteurs lents.2- Il m’arrive à l’occasion de me rendre compte que je lis paresseusement, que je suis capable de lire beaucoup plus rapidement. À ce moment, je m’arrête, j’entraîne ma vitesse de perception quelques minutes, puis je reprends ma lecture. J’ai alors une vitesse de perception aiguisée, une dynamique, une erre d'aller que je conserve lors de ma lecture et je retrouve un plus grand plaisir de lire. Car si je me rends compte que je lis lentement, c’est parce que mon goût de lire a diminué, j’ai l’impression de ne pas avancer, je suis moins concentré. Le fait de lire rapidement procure le sentiment de profiter davantage de ce qu’on lit…
Mais voilà , ces propos ainsi que ceux de nombreux anciens participants témoignant que la lecture rapide leur apporte un plus grand plaisir de lire n’arrivent pas toujours à convaincre les sceptiques. Car beaucoup de gens font l’équation qu’augmenter sa vitesse de lecture signifie diminuer son plaisir de lire. Quel intérêt y a-t-il de changer ses habitudes de lecture si c’est pour perdre au change ?
Eh bien, il y a maintenant une étude scientifique qui confirme ce que j’essayais d’expliquer phénoménologiquement.
La psychologue Emily Pronin de Princeton et son collègue Daniel Wegner de Harvard ont publié un article dans le numéro de septembre 2006 du journal de l’Association for Psychological Science qui conclut que les gens qui sont amenés à lire des énoncés positifs ou négatifs deux fois plus rapidement que la normale rapportent se sentir plus heureux, être de meilleure humeur et plus confiant.
Ils ont demandé à des participants de lire une série d’énoncés. La moitié des participants devait les lire à une vitesse deux fois supérieure à la normale et l’autre deux fois plus lentement que la normale. Puis ils ont eu à remplir un questionnaire standard pour mesurer leur humeur, leur énergie, leur estime de soi, etc. Certains participants devaient lire des affirmations déprimantes comme « Je veux dormir et ne plus me réveiller », alors que d’autres avaient à lire des énoncés stimulants comme, « Wow, je me sens bien ! »
Les chercheurs ont découvert que, peu importe la nature des énoncés, les participants se sentaient plus heureux, plus énergiques, plus créatifs et plus puissants lorsqu’ils devaient lire rapidement. En fait, l’effet de lire rapidement était aussi performant que le contenu des pensées pour influencer leur humeur. Et le plus surprenant, c’est que même les pensées tristes lues rapidement rendaient les lecteurs relativement plus heureux.
Donc, le seul fait de lire rapidement, peu importe le contenu, procure des sensations associées habituellement au plaisir.
Les auteurs notent que le simple fait de manipuler la vitesse de la pensée pourrait être utilisé pour améliorer l’humeur, l’estime de soi, le sentiment de créativité et de puissance, de même que le niveau d’énergie des gens. L’augmentation de la vitesse de pensée pourrait éventuellement servir au traitement de la dépression caractérisée par une lenteur de pensée.
Bref, si par une fin de journée pluvieuse d’automne vous souhaitez une recharge d’énergie, une petite claque dans le dos pour vous remonter le moral et vous remettre sur le piton, stimuler votre confiance en soi et votre créativité, plutôt que d’en fumer du bon ou de prendre des Prozac, voici ma prescription :
Prenez un bon livre et mettez-vous en mode lecture rapide…
Daniel Gagnon
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Lectura Inteligente
Un logiciel de lecture rapide pour les enfants en provenance du Mexique
L’année passée, j’ai reçu un courriel provenant de Mme Araceli Otero de la Faculté de Psychologie de la Universidad Nacional Autónoma de México. Mme Otero avait obtenu ma référence de Mme Marguerite Lavallée professeure à l’École de psychologie de l’Université Laval.
Elle me demandait de l’information sur la lecture rapide en me disant qu’elle préparait un logiciel de lecture rapide pour ses étudiants. Je lui ai envoyé le contenu de mon cours que j’avais sur papier en lui mentionnant que je ne lui recommandais pas le tachistoscope (un appareil ou logiciel qui projette des mots ou des groupes de mots à très grande vitesse).
Depuis, je n’ai eu que de très brefs échanges avec elle.
Il y a quelques semaines, j’ai eu le plaisir de savoir que Mme Otero était de passage à Québec pour visiter sa collègue de l’Université Laval et qu’elle désirait me rencontrer.
La rencontre a eu lieu dans les bureaux de Mme Lavallée à l’Université Laval et j’ai eu la surprise de constater que Mme Otero avait fait un travail fantastique. Elle a développé un logiciel de lecture rapide pour les lecteurs débutants avec une série d’exercices qui respectent toutes les règles que j’enseigne.
J’ai pu voir les résultats de quelques enfants et ceux-ci réussissent assez facilement à doubler leur vitesse de lecture. Bien qu'il s'agisse de résultats préliminaires, je suis émerveillé.
L’avenir ? Eh bien, Mme Otero a fait une demande de subvention pour que je puisse donner mon séminaire de lecture rapide au personnel de l’Universidad de México, et une fois le logiciel complété il est question de le traduire en français et de l’offrir sur le marché francophone…
Bref, je m’internationalise !
Je vous en redonne des nouvelles.
Psst ! Avez-vous un bon cours d'espagnol à me recommander ?
Daniel Gagnon
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Blogue
Bienvenue à tous sur mon nouveau site Internet qui est maintenant un blogue.
J'y tiendrai une chronique portant essentiellement sur les questions qui me sont posées et sur les habiletés intellectuelles. Et puisque je suis un grand lecteur, lecture rapide oblige, j'y parlerai aussi de mes trouvailles. Comme ceux qui ont suivi mon cours le savent, un lecteur rapide sait évaluer rapidement la pertinence et la qualité d'un livre, ce qui fait qu'il lit beaucoup de bons livres, et de côté je ne manque pas de sujets.
Donc à venir:
La lecture rapide pour les gens de 50 ans et plus. Une chronique qui m'a été commandée par Mme Carole Lemay, du site www.citeboomers.com
La lecture rapide pour les enfants. J'ai une excellente nouvelle à vous annoncer de ce côté, des développements qui viennent de l'Université de Mexico. Eh oui ! Une collaboration internationale qui m'enthousiasme. Vous êtes nombreux à m’avoir appelé pour soulever cette question, toutefois ne me rappelez pas trop vite, le tout ne sera fonctionnel que dans un an ou deux. À venir…
Alors donc, au plaisir...
Daniel Gagnon
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Historique
Quand ce blogue aura plus d'un mois d'existence, vous retrouverez ici les carnets des mois précédents.
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