Séminaires de Lecture Rapide - Daniel Gagnon

Daniel Gagnon M.A. orthopédagogueDaniel Gagnon M.A. orthopédagogue

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Qu'est-ce que la Science ? (suite)

(suite de la chronique d'hier)

2. Puis il collectionne méthodiquement les faits. Qu’a fait Darwin ? Pendant des années, il a collectionné les observations sur différentes espèces ? Newton affirme qu'il a pu voir loin parce qu'il était monté sur les épaules de géants : ces géants ce sont Galilée, Copernic et Kepler qui pendant des décennies ont collectionné les observations astronomiques. L’archéologue collectionne les artéfacts, l’historien les témoignages d’époque. L’expérimentation vise à obtenir de nouveaux faits. La majorité des scientifiques consacrent leur vie à collectionner des faits.
3. Avec les faits, le scientifique y va d’une induction (une généralisation), soit une hypothèse ou une théorie. Une induction est toujours susceptible d’être fausse. Par exemple, j’ai vu un cygne blanc (observation), tous les cygnes sont blancs (induction), un jour on a trouvé des cygnes noirs en Australie (induction fausse). Ce qui fait que la Science n’est jamais certaine. Ses théories, ses hypothèses peuvent toujours se révéler fausses. Donc, une théorie pour être scientifique doit être formulée de façon à ce qu’elle puisse être contredite par de nouveaux faits. C’est la notion de falsifiabilité. Depuis 100 ans que l’on conçoit des expériences afin de recueillir des faits qui viendraient contredire, sans succès, la théorie de la relativité d’Einstein. Depuis la parution de L'Origine des espèces de Darwin, des milliers de scientifiques ont apporté d’innombrables faits à l’appuie de sa théorie. L’astrologie n’est pas une science, car ses adeptes sont imperméables aux nombreux faits qui la contredisent.
4. Finalement, pour qu’il y ait Science, il faut qu’il y ait communication. La Science est un processus social, le scientifique doit se prêter à la critique de ses pairs. Sinon, il n’y a pas de Science. Les pairs peuvent mettre en doute la valeur des moyens par lesquels les faits ont été recueillis, la rigueur du raisonnement, la pertinence de la théorie. Ils peuvent suggérer d’autres théories ou des façons de la mettre à l’épreuve. Combien de fois ai-je entendu des gens essayer de justifier leurs propos irrationnels en discréditant les recherches parce qu’elles sont nombreuses à se contredire et souvent controversées : bien, c’est cela la Science, pas de débats pas de Science. Marx prétendait avoir développé avec le matérialisme historique une science de l’Histoire, mais il insultait tous ceux qui la mettaient en doute. Cette prétendue science n’acceptait pas la contradiction et reposait sur une sélection ad hoc des faits et une généralisation vue comme une vérité définitive.
« La théorie est l’hypothèse vérifiée après qu’elle ait été soumise au contrôle du raisonnement et de la critique. Une théorie, pour rester bonne, doit toujours se modifier avec le progrès de la science et demeurer constamment soumise à la vérification et la critique des faits nouveaux qui apparaissent. Si l’on considérait une théorie comme parfaite, et si on cessait de la vérifier par l’expérience scientifique, elle deviendrait une doctrine. » Claude Bernard

Bref la Science, c’est suspendre son jugement, collectionner les faits, y aller d’une induction et soumettre cette généralisation au point de vue des autres, en acceptant qu’on se soit peut-être partiellement ou totalement trompé. Comme le juge, comme l’enquêteur minutieux, vous pouvez aussi être un scientifique au quotidien tout simplement en attendant d’avoir suffisamment de faits avant d’y aller d’un jugement hors de tout doute raisonnable, mais toujours potentiellement faux.

Je peux me tromper…
Bien sûr, tout ce que vous venez de lire est absolument exact ;-)



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